Une boîte grande comme un gros livre qui fournit 160 Tflops en simple précision pour des applications d’IA, telle est l’annonce majeure présentée par Thierry Breton à la 4e édition des Atos Technology Days.

Atos s’est inscrite dans le sillage de Vivatech qui se tient cette semaine à la Porte de Versailles pour organiser la 4e édition de ses Technology Days et présenter quelques innovations marquantes. Le BullSequana Edge est conçu pour être utilisé en toute sécurité pour l’Internet des Objets (IoT), dans des environnements où les temps de réponse rapides sont critiques – tels que l’industrie 4.0, les véhicules autonomes, la santé et la sécurité des commerces et des aéroports – et pour lesquels les données doivent être traitées et analysées à proximité de la source d’origine en temps réel. C’est un concentré de technologie qui fort de son processeur Xeon Intel, de ses deux GPU Nvidia et une capacité de stockage qui peut aller jusqu’à 24 To de stockage offre 160 TFlops en simple précision pour des applications d’intelligence artificielle et de Machine Learning. Fait significatif, plus de 90 % de la puissance de ce serveur est fournie par les GPU.

« C’est un véritable mini cloud », s’est extasié Thierry Breton, Président-directeur général d’Atos. En 2005, il aura été le supercalculateur le plus puissant de la planète. Mais il est vrai que la technologie évolue vite, car le supercalculateur le plus puissant dans la dernière liste du Top500 atteignait 140 Pflops soit environ 1000 fois la puissance du BullSequana Edge. Mais la où le premier nécessite un data center entier, le dernier peut se poser sur un petit bureau. En fonction de la configuration, son prix se situe entre 4500 et 12 000 euros. Le prix d’entrée de gamme est à peu près celui du premier IBM PC en 1981, il y a un peu moins de 40 ans.

Ce petit serveur s’inscrit dans la tendance du HPC que l’on connaît aujourd’hui et qui se décline selon trois axes : les supercalculateurs traditionnels accessibles on premise ou via le cloud, l’Edge computing et la révolution quantique. Entre aujourd’hui et 2025, la répartition 80/20 entre les données stockées dans les data centers et celles situées à la périphérie sera totalement inversé en passant à 20/80. Face à cette tendance, il y a donc nécessité de développer des capacités de calcul et à les placer à la périphérie. D’où le BullSequana Edge.

Parmi les principales caractéristiques et avantages apportés avec ce serveur :
– Les données et le serveur physique sont protégés par une chaîne de mesures de sécurité avancée ;
– L’analyse des données se fait en temps réel avec la prise en compte des données multi-sources et multi-formats ;
– La réduction de la dépendance au cloud et à la disponibilité et connectivité du data center garantit que les applications ne sont pas interrompues en cas de connectivité réseau limitée ou intermittente. Le BullSequana Edge peut communiquer par radio, GSM ou Wi-Fi
Pour des besoins plus importants en puissance, il est possible d’interconnecter des serveurs BullSequana Edge via des liaisons Ethernet 1 ou 10 Gbits.

Le BullSequana Edge est déjà opérationnel pour 3 catégories principales de cas d’usages :
– IA : Atos Edge Computer Vision permet d’extraire et d’analyser des caractéristiques spécifiques (personnes, visages, émotions, comportements) afin que des actions automatiques puissent être exécutées. Il permet à un grand nombre de caméras intelligentes, par exemple dans le domaine de la vidéoprotection, de collaborer de manière holistique en temps réel, afin de suivre les opérations sans interruption.
– Big Data : Atos Edge Data Analytics permet aux entreprises d’améliorer leurs modèles économiques grâce à des solutions prédictives et prescriptives. Il s’articule autour des capacités des lacs de données Edge pour rendre les données fiables et utilisables.
– Conteneur Atos Edge Data Container (EDC) – cette solution de conteneur tout-en-un est prête à fonctionner à la périphérie et sert de système informatique décentralisé (d’un rack individuel à un centre de données conteneurisé complet).

Dans le domaine de l’informatique quantique, Atos poursuit le développement de son environnement de programmation pour ordinateur quantique en lançant le programme myQLM qui permettra aux chercheurs, étudiants et développeurs en informatique quantique de développer et simuler des programmes quantiques sur leurs propres postes de travail. myQLM sera disponible gratuitement pour tous les utilisateurs du simulateur Atos Quantum Learning Machine.

Dix-huit mois après avoir dévoilé le simulateur quantique – l’Atos Quantum Learning Machine, capable de simuler jusqu’à 41 bits quantiques (Qubits) – Atos permet aux utilisateurs d’Atos QLM de développer des algorithmes quantiques de manière autonome.

Dérivé du simulateur Atos QLM, myQLM est un environnement python (langage de programmation) destiné à développer et simuler des programmes quantiques sur son propre poste de travail.

Le programme myQLM se compose notamment de :
– La distribution du logiciel myQLM aux clients et utilisateurs finaux de l’Atos QLM. Ils pourront programmer en langages AQASM (Atos Quantum Assembly Language) et pyAQSM et tester leurs programmes par simulation numérique sur leurs propres ordinateurs.
– La possibilité d’exécuter des programmes développés avec myQLM sur un véritable simulateur Atos Quantum Learning Machine via un portail dédié et payant.

Thierry Breton indique avoir livré de nombreux systèmes Atos fournit à Total le simulateur quantique le plus performant au monde Quantum Learning Machine (QLM) sans pour autant fournir de chiffres. L’ESN annonce en avoir livré un au groupe Total.

Chez le pétrolier, le calcul quantique trouvera des applications concrètes au sein du Groupe Total, pour la chimie moléculaire et des matériaux, l’optimisation de réseaux énergétiques, de flottes de véhicules, ou encore d’outils industriels et à plus long terme, l’imagerie sismique ou bien la mécanique des fluides.

Concernant l’informatique quantique, Thierry Breton réfute l’idée que l’Europe serait en retard dans le développement des processeurs quantiques et qu’elle pourrait ainsi être dépendante des Etats-Unis ou de la Chine. « Pour ce qui nous concerne, a-t-il indiqué, nous suivons les développements dans le monde entier et nous nous préparons aux partenariats dont nous pourrions avoir besoin ». Il a rappelé qu’Atos participait au programme European Manifesto lancé par la Commission européenne qui devrait allouer 1 milliard d’euro sur dix ans dans le domaine de l’informatique quantique.

 

Sécurisation de l’IoT

Autre annonce à l’occasion de ces Technology Days, Atos dévoile un nouveau Hardware Security Module (HSM)[1] Horus pour l’IoT, un dispositif de sécurité conçu pour protéger les écosystèmes IoT au moyen de fonctions cryptographiques.

Le nouveau HSM, qui s’inscrit dans le portefeuille de solutions Horus, associe un accès ‘as-a-service’, un système centralisé de gestion des clés et des services de sécurité IoT pour une solution entièrement intégrée.

 

Un HSM pour les applications as-a-Service

Le nouveau HSM Horus pour l’IoT par Atos est disponible pour les applications fonctionnant en mode SaaS (Software-as-a-Service) et permet à plusieurs clients de bénéficier d’un chiffrement ultime, offrant le même degré de sécurité qu’un HSM dédié.

Le HSM est ainsi divisé en plusieurs ‘domaines de sécurité’ qui peuvent être personnalisés par chaque client et agissent comme des coffres-forts inviolables avec des niveaux élevés d’isolement entre les clients, les utilisateurs et les rôles. Les équipes de sécurité peuvent administrer les HSMs à distance, sans accès physique – ce qui simplifie la gestion de la sécurité et permet de gagner du temps.

Dans le domaine de la sécurité, Thierry Breton revendique plus de 5 000 professionnels spécialisés dans ce domaine donnant ainsi la première place à Atos en Europe et la 4e dans le monde.

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[1]
 Un Hardware Security Module, ou HSM, (en français, ‘module de sécurité matérielle’) est un appareil offrant des fonctions cryptographiques. Il s’agit d’un matériel électronique offrant un service de sécurité qui consiste à générer, stocker et protéger des clefs cryptographiques.

 

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