Le groupe informatique français a présenté un serveur taillé pour l’Internet des objets et l’analyse de données.

Il est rare de voir une entreprise de services informatiques lever le voile sur son produit à la manière d’un fabricant de smartphones. Jeudi, Thierry Breton ne boudait pas son plaisir lors des Technology Days d’Atos, organisés au Parc des Expositions de la Porte de Versailles, à Paris, à quelques minutes du Salon VivaTech.

Le groupe français dirigé par l’ancien ministre a profité du rendez-vous de l’innovation pour dérouler sa propre feuille de route technologique. « Demain, il y aura tant de données qu’elles seront partout », s’est projeté le PDG en présentant un nouveau serveur informatique taillé pour jouer des algorithmes d’intelligenceartificielle au plus près des objets connectés (trains, véhicules autonomes, machines industrielles).

 

Un serveur compact et léger

Atos entend vendre ces infrastructures informatiques aux entreprises, entre 10.000 et 20.000 euros selon les configurations. Elles pourront aussi être déployées sur certains lieux sensibles où se pose la question de la sécurité des informations hébergées en ligne, par exemple les banques. Selon la société, ces nouveaux Bull Sequana Edge seraient les « serveurs edge computing les plus performants au monde ». « Nous n’avons pas acheté Bull par hasard », sourit Thierry Breton en se félicitant de son nouveau produit, si compact et léger qu’il peut le tenir d’une main. Rien à voir avec les lourds serveurs Bull Sequana conçus pour les centres de données datant d’avant la reprise par Atosdu vénérable Bull en 2014, pour 620 millions d’euros.

 

La concurrence est déjà sur les rangs

Alors qu’Atos mise de plus en plus sur les marchés de l’analyse de données et de la cybersécurité, l’entreprise anticipe que ses clients auront bientôt besoin d’une informatique de proximité, qui s’additionnera à l’informatique à distance des grands fournisseurs comme Amazon Web Services ou Microsoft Azure. D’après IDC, le nombre de données dans le monde est appelé à être multiplié par cinq d’ici à 2025. Seulement 20 % seront alors hébergées en ligne ou dans un centre de données traditionnel.

Mais le groupe coté au CAC 40 n’est pas le premier sur ce marché. Hewlett-Packard Enterprise prévenait l’an dernier qu’il comptait consacrer 4milliards de dollars à l’informatique embarquée pour l’Internet des objets. Dell et Lenovo sont eux aussi en embuscade.

Pour Atos, les ventes de serveurs pèsent néanmoins beaucoup moins dans son chiffre d’affaires que le travail de conseil et d’accompagnement sur les projets informatiques et cybersécurité. Mais ces serveurs constituent un élément de différenciation pour son offre de services.

 

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