La technologie, source d’épanouissement des Millennials

 

Les Millennials font leur entrée dans le monde à l’heure où la créativité, l’agilité et la rapidité d’adaptation sont les maîtres mots en entreprise. Ces notions ne sont évidemment pas nouvelles. Dès 1994, dans le rapport que je publiais sur le télétravail en France et ses perspectives de développement, je décrivais notre évolution inéluctable vers une nouvelle forme d’organisation plus flexible, où le travail à distance notamment deviendrait une réalité du quotidien.

Les nouvelles technologies et l’évolution des moyens de communication ont très largement participé à offrir aux employés plus d’autonomie et une meilleure maîtrise du temps de travail. Aujourd’hui, la flexibilité est plus que jamais nécessaire ; pour les entreprises qui n’ont de cesse d’innover et de créer, mais aussi pour les Millennials, qui aspirent à plus de mobilité et de responsabilité tout en préservant un meilleur équilibre entre vie personnelle et professionnelle.

Il faut prendre le temps de comprendre les aspirations profondes de ces « digital natives » pour construire ensemble l’avenir et les accompagner au mieux dans leur intégration et leur collaboration avec les générations précédentes qui constituent encore aujourd’hui le cœur de nos forces vives. 

 

Une passion quasi instinctive pour les technologies

 

Au-delà d’avoir eu entre les mains dès le plus jeune âge un ordinateur, une tablette ou un smartphone, c’est bien la passion de la technologie qui caractérise cette génération. Dans les actes du quotidien (trouver un moyen de transport, commander un repas…), les interactions sociales (qui n’a pas « snappé » ou « instagrammé » des épisodes de son été ?) ou se lancer dans un projet bénévole ou humanitaire (à travers des plateformes de crowdfunding), la technologie est aujourd’hui au centre de tout.

Chez Atos, nous accompagnons la passion de nos jeunes ingénieurs au sein de nos centres de recherche et laboratoires dédiés à l’Intelligence Artificielle, la cybersécurité ou encore l’informatique quantique, domaine de pointe dans lequel nous formons les doctorants et chercheurs qui façonneront le monde de demain. 

Le groupe que je dirige recrute en 2018 près de 10 000 jeunes ingénieurs dans le monde entier, à travers un partenariat privilégié avec 125 des meilleures universités mondiales dans notre secteur.

Car c’est bien dès l’enseignement supérieur qu’il est aujourd’hui nécessaire d’identifier et de recruter les meilleurs talents. A ce titre, Atos invite les étudiants à participer à des challenges internationaux comme l’Atos IT Challenge, ou des hackathons comme dernièrement en Malaisie et en Inde. Enfin sera bientôt lancé un « Coding Game », un domaine où excelle cette génération qui a souvent appris à coder sur les bancs du lycée.

 

L’importance d’une formation et d’un accompagnement sur mesure

 

Le secteur du numérique est en proie à des changements rapides, évoluant au gré des innovations technologiques. Il est de la responsabilité des grands acteurs du digital de préparer au mieux la jeune génération au monde du travail pour les prochaines décennies.

En s’impliquant pleinement dans le débat et la vie universitaire, les experts d’Atos offrent aux ingénieurs en devenir une vision de l’évolution de notre secteur, constamment enrichie avec les réalités pratiques, technologiques et humaines du moment. Nous échangeons tout particulièrement avec le centre digital d’HEC sur l’Industrie 4.0, l’Ecole Polytechnique, HEC et l’Université Ahmedabad en Inde sur le management interculturel, avec l’Ecole Normale Supérieure de Paris-Saclay et les Universités technologiques de Munich et Pasau en Allemagne sur la recherche en Intelligence Artificielle pour l’industrie.

Après l’embauche, il est vital de prendre en compte les aspirations des jeunes diplômés et d’assurer leur bonne intégration. L’accompagnement doit ensuite se poursuivre avec des plans de carrières adaptés qui veillent notamment à satisfaire leur désir de mobilité et d’évolution rapide.

Début septembre 2018, Atos a ainsi lancé un programme, unique et innovant, à destination des jeunes diplômés : le « Graduate Discovery Journey ». Il s’agit d’un accompagnement personnalisé sur trois ans, comprenant une expérience de 18 mois minimum à l’étranger. Les jeunes bénéficient également de formations adaptées, portant à la fois sur des compétences techniques et digitales, mais aussi sur des « soft skills » telles que l’intelligence émotionnelle. D’ici 2019, ce sont 2 000 jeunes diplômés qui seront invités à suivre ce programme particulièrement attractif qui donnera à ces jeunes ingénieurs toutes les clés pour s’épanouir et entreprendre.  

 

Une soif d’entreprendre au sein et en dehors de l’entreprise

 

L’entrepreunariat, enfin, est probablement la valeur la plus communément partagée par les « digital natives ». Au-delà des compétences techniques, la jeune génération insuffle l’esprit d’entreprendre et l’envie constante de chercher des solutions aux problèmes du quotidien comme aux grands défis de notre planète.

Il faut par conséquent impérativement veiller à ce que cette envie d’entreprendre puisse s’exprimer au sein des entreprises avec le soutien du management, et être en mesure d’offrir à cette génération la flexibilité au travail qui leur permette de concilier vie privée et vie professionnelle.

Si nous avons été l’une des premières entreprises en France à proposer le télétravail à très grande échelle à nos employés, il nous faut désormais aller plus loin. Avec l’avènement de la « Gig Economy », et notamment l’explosion des grandes plateformes, les métiers traditionnels commencent à être bouleversés et nécessitent une adaptation.

Pour nous, cela signifie être capable de mettre en place un véritable échange de compétences : en offrant des missions spécialisées, stimulantes, bien rémunérées et une grande autonomie à nos jeunes partenaires, nous bénéficions, en échange, de compétences, d’expérience et d’un savoir-faire spécifiques. Le tout avec un regard unique sur les nouveaux besoins exprimés par la société.

Grâce à la mise en place prochainement d’une plateforme de mise en relation d’expertise digitale (« Digital Expertise Platform») accueillant des centaines de Millennials, Atos créera, avec la plus grande fluidité, des services répondant aux attentes actuelles des clients. Ce modèle ouvre de nouvelles perspectives d’échanges avec un écosystème de partenaires plus large intégrant les grandes et plus petites entreprises, les free-lances et les autoentrepreneurs.

Avec les Millennials, nous sommes investis d’une même mission : construire ensemble le monde que nous souhaitons pour demain. Nous évoluerons dans un environnement de technologies, faisant émerger chaque jour des compétences nouvelles au sein d’une génération motivée et en quête permanente de sens.

C’est une génération passionnante et passionnée dont le potentiel est immense.

 

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Tribune parue dans le numéro spécial "Patrons" de la revue Investir


Prélèvement à la source : "il aura fallu 10 ans pour le faire", rappelle l'ancien ministre Thierry Breton

L'ancien ministre Thierry Breton, qui a préparé dès 2006 le passage au prélèvement à la source, estime au micro de Sonia Mabrouk qu'il faut "du courage politique" pour mettre en oeuvre cette réforme.

 

Le Premier ministre Édouard Philippe a confirmé mardi la mise en œuvre du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu au 1er janvier prochain. Une réforme de la collecte fiscale qui aura mis près de 10 ans à aboutir, rappelle Thierry Breton au micro de Sonia Mabrouk mercredi.

"Ce sujet est politique, et c’est sans doute ce qui explique, alors que tout était à peu près prêt pour une mise en œuvre en 2009, qu’il aura fallu attendre presque 10 ans pour le faire. Parce qu’il faut du courage politique pour le faire", note l’ancien ministre de l’Économie et des Finances, qui a commencé en 2006 à préparer le passage au prélèvement à la source.

"Avec les outils de l'époque, on pouvait le mettre en place". Défendant une réforme qui sert "l’intérêt général et l’intérêt des contribuables", Thierry Breton soutient que le prélèvement à la source aurait pu être mis en place lors de la dernière décennie : "Il y a 10 ans, on n'avait pas exactement les mêmes outils technologiques, mais (…) on avait déjà vu qu’avec les outils de l’époque, on pouvait mettre cette mission en place en deux ans."

Concernant les dysfonctionnements révélés durant la phase de test et désormais réparés, le PDG du groupe ATOS estime que le risque persiste, mais qu’il n’est pas à craindre pour autant. "Il y a toujours des risques qu’il y ait des bugs, mais (…) les logiciels ont tellement évolué que quand on a pris toutes les mesures pour que ça se passe bien, ça se passera bien."

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BFM Business - Retenue à la source: "cette réforme devait simplifier la vie des français", Thierry Breton

Ancien ministre de l'Économie, Thierry Breton avait préparé en 2007 le passage au prélèvement à la source.

À l'époque, le gouvernement était convaincu que cette réforme allait dans le sens de l'intérêt des contribuables. En effet, elle devait simplifier le rapport des Français à l'impôt, leur permettre de s'adapter en fonction de leur temps, de leur mobilité ou encore de leur épargne.

Plus de 10 ans après, qu'en est-il réellement ? Comment expliquer le choix de passer par les entreprises et non par le prélèvement bancaire ? Quid du concept d'année blanche ? Quels peuvent être les effets sur l'économie ? - Avec: Thierry Breton, PDG d'Atos. - Good Morning Business, du mercredi 5 septembre 2018, présenté par Stéphane Soumier, sur BFM Business.

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Chacun est propriétaire – et responsable – de sa trace informationnelle


Le Président de la République Emmanuel Macron a récemment présenté des pistes pour faire de la France un leader mondial de l’intelligence artificielle, sur la base des travaux de Cédric Villani, dont le rapport de qualité couvre bien les problématiques soulevées par l’IA.

Pour ma part, j’insisterais sur trois enjeux déterminants :

  1. l’indispensable maîtrise de nos données personnelles et industrielles ;
  2. la capacité à développer les « systèmes apprenants » et nouveaux algorithmes ;
  3. et la nécessité d’avoir les infrastructures académiques et aussi informatiques adaptées. 

L’intelligence artificielle, dans sa phase d’apprentissage, nécessite en effet une puissance de calcul considérable. Sans cela, sans supercalculateurs européens, sans microprocesseurs spécifiques, tous les discours légitimes sur notre souveraineté numérique resteront vains.

 

L’Europe reste un marché fragmenté, et la filière industrielle reste à construire

 

Or, nous avons en France les compétences et la formation. Mais les moyens à mobiliser sont tels qu’il ne peut y avoir de réponse qu’européenne. Quels sont les grands acteurs de l’intelligence artificielle ? Les Etats-Unis, la Chine et le Japon. Les deux premiers, surtout, ont deux atouts essentiels : ce sont des marchés unifiés des données, et ils maîtrisent leur puissance de calcul. L’Europe en revanche reste un marché fragmenté, et la filière industrielle reste à construire.

Atos est aujourd’hui le seul acteur de rang mondial à fabriquer des supercalculateurs en Europe, mais le continent doit renforcer sa maîtrise des microprocesseurs. Seuls ou en partenariat, c’est un train que nous ne pouvons absolument pas rater.

 

Le marché européen est l’échelle pertinente pour créer un marché unifié de la donnée

 

Les données sont la matière première de l’intelligence artificielle. Il s’agit d’une ressource critique. Dans cet univers, c’est le volume qui est important. Le marché européen est l’échelle pertinente pour créer un marché unifié, un espace de confiance strictement encadré. La réglementation européenne sur la protection des données personnelles (RGPD) va dans le bon sens, mais il faut aller plus loin et exiger que les données européennes soient stockées, processées, et traitées en Europe, selon des modalités que l’Europe aura fixées.

 

Il faut structurer l’espace informationnel

 

 Autrement dit : il faut structurer l’espace informationnel, comme on a organisé par le passé l’espace territorial, l’espace maritime et l’espace aérien. Les Gafa ont tenté de faire du numérique un « no man’s land » dont ils écriraient la loi. C’est terminé. Il est temps de relocaliser cet espace informationnel en optant pour un traitement de nos données sur le sol européen.

Ceci va devenir particulièrement critique pour les données industrielles, notamment dans le cadre du développement des outils d’intelligence artificielle de l’industrie 4.0, comme nous le faisons chez Atos, avec Siemens et la plateforme Mindsphere/Codex. C’est un enjeu crucial de compétitivité.

 

Une logique de partenariat avec les Gafa

 

Pour ce faire, on ne va pas tout réinventer, mais rétablir une territorialité des données en entrant dans une logique de partenariat avec les Gafa qui le voudront selon des règles qui sont les nôtres. Par des collaborations, les acteurs européens peuvent être le filtre de confiance et d’accès à notre marché, le « dernier kilomètre » de la chaîne numérique. Quelles que soient les modalités, c’est en tout cas aux Gafa de s’adapter à nos règles, pas l’inverse. Il faut les faire « réatterrir ».

Et puis ne surestimons pas ces entreprises. Leur réussite mérite l’admiration, mais leur force est surtout le fruit d’un effet de taille. Beaucoup d’innovations du numérique sont nées en Europe ou du moins de cerveaux européens, et singulièrement français. Et c’est aujourd’hui notre continent qui, en matière de protection des données, donne le ton.

 

L’affaire Cambridge Analytica marque un tournant

 

À ce titre, j’aimerais revenir sur la polémique Cambridge Analytica qui frappe actuellement Facebook. Cette affaire est grave. C’est un tournant. Elle a le mérite de nous rappeler, à tous et peut-être surtout à nos enfants et adolescents, quelques vérités. Quand nous livrons une partie de notre vie aux réseaux sociaux, cette trace risque d’être indélébile, à jamais. Rien ni personne ne donne aujourd’hui de garantie absolue sur ces réseaux en matière d’accès à vos données.

C’est pourquoi il nous faut opter pour une localisation des données européennes sur le sol européen, là où le droit européen est applicable. Je comprends par ailleurs que Google s’apprête à faire évoluer ses pratiques pour étendre les recommandations du règlement européen au niveau mondial ; contrairement à Facebook qui semble vouloir en rester au strict minimum. Les consommateurs apprécieront.

 

Chacun est propriétaire – et responsable – de sa trace informationnelle

 

Car in fine, c’est bien aux individus que revient la patrimonialité des données. Demandez à une entreprise ce qu’elle en pense, et elle répondra positivement. Il y a en tout cas toute une éducation à faire pour que chacun ait conscience que sa trace informationnelle lui appartient, et aussi qu’il en est responsable.

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Retrouvez les propos de cette tribune dans l’interview que j’ai accordée au Figaro : http://video.lefigaro.fr/figaro/video/le-grand-temoin-thierry-breton-pdg-d-atos/5765244649001/

« C'est aux Gafa de s'adapter à nos règles, pas l'inverse »

Le PDG d'Atos explique comment l'Europe doit s'organiser pour gagner la bataille de l'intelligence artificielle.

 

Thierry Breton salue le rapport Villani, mais estime que l'avenir sur l'intelligence artificielle se joue à l'échelle européenne. L'ancien ministre de l'Économie n'est pas tendre avec les géants américains du numérique : « Ne surestimons pas ces entreprises. »

LE FIGARO. – L'exécutif, sur la base du rapport de Cédric Villani, s'est emparé du sujet de l'intelligence artificielle. La mobilisation est-elle à la hauteur de l'enjeu ?

Thierry BRETON. – Cédric Villani a rédigé un rapport de qualité, qui couvre bien les problématiques soulevées par l'intelligence artificielle. Pour ma part, j'insisterais sur trois enjeux déterminants : l'indispensable maîtrise de nos données personnelles et industrielles ; la capacité à développer les « systèmes apprenants » et nouveaux algorithmes ; et la nécessité d'avoir les infrastructures académiques et aussi informatiques adaptées. L'intelligence artificielle, dans sa phase d'apprentissage, nécessite en effet une puissance de calcul considérable. Sans cela, sans supercalculateurs européens, sans microprocesseurs spécifiques, tous les discours légitimes sur notre souveraineté numérique resteront vains.

La France a-t-elle les moyens de son ambition ?

Oui. Nous avons en France les compétences et la formation. Mais les moyens à mobiliser sont tels qu'il ne peut y avoir de réponse qu'européenne. Quels sont les grands acteurs de l'intelligence artificielle ? Les États-Unis, la Chine et le Japon. Les deux premiers, surtout, ont deux atouts essentiels : ce sont des marchés unifiés des données, et ils maîtrisent leur puissance de calcul.

L'Europe en revanche reste un marché fragmenté, et la filière industrielle reste à construire. Atos est aujourd'hui le seul acteur de rang mondial à fabriquer des supercalculateurs en Europe, mais le continent doit renforcer sa maîtrise des microprocesseurs. Seuls ou en partenariat, c'est un train que nous ne pouvons absolument pas rater.

Qu'entendez-vous par la création d'un marché unifié des données ?

Les données sont la matière première de l'intelligence artificielle. Il s'agit d'une ressource critique. Dans cet univers, c'est le volume qui est important. Le marché européen est l'échelle pertinente pour créer un marché unifié, un espace de confiance strictement encadré. La réglementation européenne sur la protection des données personnelles (RGPD) va dans le bon sens, mais il faut aller plus loin et exiger que les données européennes soient stockées, processées et traitées en Europe, selon des modalités que l'Europe aura fixées. Autrement dit : il faut structurer l'espace informationnel, comme on a organisé par le passé l'espace territorial, l'espace maritime et l'espace aé-rien. Les Gafa ont tenté de faire du numérique un « no man's land » dont ils écriraient la loi. C'est terminé.

Il est temps de relocaliser cet espace informationnel en optant pour un traitement de nos données sur le sol européen. Ceci va devenir particulièrement critique pour les données industrielles, notamment dans le cadre du développement des outils d'intelligence artificielle de l'industrie 4.0, comme nous le faisons chez Atos, avec Siemens et la plateforme Mindsphere/Codex. C'est un enjeu crucial de compétitivité.

On ne va pas bouter les Gafa hors d'Europe !

Non, bien sûr ! On ne va pas tout réinventer, mais rétablir une territorialité des données en entrant dans une logique de partenariat avec les Gafa qui le voudront selon des règles qui sont les nôtres. Par des collaborations, les acteurs européens peuvent être le filtre de confiance et d'accès à notre marché, le « dernier kilomètre » de la chaîne numérique. Quelles que soient les modalités, c'est en tout cas aux Gafa de s'adapter à nos règles, pas l'inverse. Il faut les faire « réatterrir ». Et puis ne surestimons pas ces entreprises. Leur réussite mérite l'admiration, mais leur force est surtout le fruit d'un effet de taille. Beaucoup d'innovations du numérique sont nées en Europe ou du moins de cerveaux européens, et singulièrement français. Et c'est aujourd'hui notre continent qui, en matière de protection des données, donne le ton.

 

Que vous inspire à cet égard le scandale Cambridge Analytica qui éclabousse Facebook ?

Cette affaire est grave. C'est un tournant. Elle a le mérite de nous rappeler, à tous et peut-être surtout à nos enfants et adolescents, quelques vérités. Quand nous livrons une partie de notre vie aux réseaux sociaux, cette trace risque d'être indélébile, à jamais. Rien ni personne ne donne aujourd'hui de garantie absolue sur ces réseaux en matière d'accès à vos données.

Je le répète, il faut opter pour une localisation des données européennes sur le sol européen, là où le droit européen est applicable. Je comprends par ailleurs que Google s'apprête à faire évoluer ses pratiques pour étendre les recommandations du règlement européen au niveau mondial ; contrairement à Face-book qui semble vouloir en rester au strict minimum. Les consommateurs apprécieront.

Que pensez-vous de l'idée d'une patrimonialité des données, de la possibilité pour chacun d'en être le propriétaire et potentiellement le vendeur ?

Demandez à une entreprise ce qu'elle en pense, et elle répondra positivement. Il y a en tout cas toute une éducation à faire pour que chacun ait conscience que sa trace informationnelle lui appartient et aussi qu'il en est responsable.

Le chef de l'État se mobilise pour l'intelligence artificielle et dans le même temps les cheminots s'opposent aux réformes et se mettent en grève. Ne redoutez-vous pas que la grogne sociale douche les velléités réformatrices d'Emmanuel Macron ?

La réforme du statut des cheminots est un passage obligé. Il faut la faire dans l'intérêt des agents, des usagers et aussi de l'entreprise. Pour y parvenir, il faut faire preuve de pédagogie, de respect des personnes et de leurs situations. Et c'est précisément la démarche du gouvernement sur cette réforme sensible. Évidemment, il va y avoir de l'obstruction, mais je suis convaincu que le gouvernement avancera parce qu'il saura écouter et respecter chacun. Le plus important reste la pédagogie car cette réforme est juste et nécessaire.

 


Du Deep Learning à l’informatique quantique, l’extraordinaire héritage de Joseph Fourier

Du Deep Learning à l’informatique quantique, l’extraordinaire héritage de Joseph Fourier

 

Publié le 6 avril 2018 par Thierry Breton sur LinkedIn

 

Les grands scientifiques peuvent changer le cours de l'histoire. Notre compréhension du passé. Notre vision globale du monde. Comme l’écrivait Stephen Hawking, disparu récemment, « les scientifiques sont devenus les porteurs du flambeau de la découverte dans notre quête de la connaissance ».

 

Joseph Fourier a eu une influence extraordinaire sur la science et la technologie modernes

 

Parmi les plus grands mathématiciens et physiciens de l’histoire figure le français Joseph Fourier, né il y a 250 ans la semaine dernière, et qui a eu une influence extraordinaire sur la science et la technologie modernes,  ouvrant la voie à des générations d'innovations.

 

Joseph Fourier est le grand découvreur des équations de dissipation de la chaleur, qu’il a modélisées à l’aide de ce qu’on appelle encore de nos jours les « séries de Fourier ». Ses découvertes sont si universelles qu’elles sont à la base de l’analyse des signaux radio ou de la parole, et aujourd’hui à l’origine d’algorithmes de calcul numériques très performants comme la FFT (Fast Fourier Transform), qui permettent notamment de comprimer des images (comme le format JPEG), de multiplier de très grands nombres entiers ou encore de faciliter la reconnaissance vocale. La FFT intervient également en intelligence artificielle dans le Deep Learning, en particulier pour les réseaux neuronaux convolutifs, inspirés du cortex visuel animal, utilisés pour la reconnaissance de vidéos ou le traitement du langage naturel.

Les transformations de Fourier au cœur de l’informatique quantique

 

Les transformations de Fourier sont également intemporelles : elles se retrouvent ainsi au cœur de l’informatique quantique, où le couple « position/impulsion » y remplace le couple « temps/fréquence » de l’informatique traditionnelle, permettant par exemple de résoudre plus facilement l’équation de Schrödinger pour une particule libre.

 

Un prix Atos Joseph Fourier pour encourager la recherche

Alors qu'Atos lançait la semaine dernière, en partenariat avec GENCI, la 7ème édition du concours Atos Joseph Fourier en l'honneur de ce grand mathématicien, l’occasion nous est donnée de rendre hommage aux scientifiques de notre passé mais aux aussi ceux de notre avenir.

 

Il est de notre ressort, en tant qu’acteurs majeurs de la technologie, de nourrir la recherche et d’encourager l’éclosion de talents. Nous permettrons ainsi à des chercheurs dans la simulation numérique, l’intelligence artificielle et l’informatique quantique – trois domaines qui influenceront les générations futures – de bénéficier d’un accès aux supercalculateurs du GENCI et de dotations d’Atos.

 

Un encouragement très fort pour ces scientifiques qui sont tous porteurs du flambeau de la découverte pour notre bien commun.