Thierry Breton : "Atos est la seule entreprise au monde à faire un simulateur quantique"

Thierry Breton, président directeur général du groupe Atos était l'invité d'Isabelle Gounin sur LCI. Il a parlé de l'actualité du groupe Atos, avec notamment la livraison d'un simulateur quantique aux Etats-Unis et la vente d'un supercalculateur à l'université d'Oxford pour l'intelligence artificielle.


Interview de Thierry Breton sur RTL Matin - 01/11/2017

Pour Thierry Breton, président du leader européen du cloud et de la cybersécurité Atos, la mise en place du projet de surtaxe permet de rester en dessous des 3% de déficit, ce qui est « dans l’intérêt général de la nation ».


Défense : les clés du réarmement allemand

Denis Fainsilber ; Anne Bauer

Enquête - Face à la montée des menaces, Angela Merkel est désormais prête à s'allier à Paris pour renforcer l'Europe de la défense. L'Allemagne promet beaucoup, mais rien n'est joué.

C'est une initiative qui témoigne du nouveau rôle que veut se donner l'Allemagne dans l'Europe de la défense. La base aérienne d'Evreux (BA105), dans l'Eure, va accueillir à l'horizon 2021 la première unité aérienne binationale franco-allemande : celle-ci exploitera de façon entièrement conjointe les appareils de transport tactique Lockheed  C-130J que les deux pays vont acquérir pour remplacer des vieux Transall à bout de souffle et pallier les retards de livraison de leurs gros-porteurs Airbus A400M.

Soit huit appareils pour commencer (quatre de chaque côté) et probablement douze à terme. Et un investissement de 100 millions d'euros, réparti à 50/50, pour créer des hangars et un centre de formation conjoint. L'accord en ce sens a été signé en avril dernier par les deux ministres de la défense, à l'époque JeanYves Le Drian et Ursula Von der Leyen. [...]

Dissuasion nucléaire

Depuis le Brexit, le couple franco-allemand est le seul moteur possible pour avancer sur le front de l'Europe de la défense. Mais derrière le volontarisme affiché par Emmanuel Macron et Angela Merkel, rien n'est gagné. Certes, les budgets de défense sont désormais équivalents, mais la France assume la charge de la dissuasion nucléaire; et quand l'Allemagne annonce 1.000 soldats en appui au Sahel, la France en déploie quatre fois plus. [...]

« Si Merkel passe une alliance avec les libéraux et les verts, son appétit pour l'Europe de la défense va décroître » , s'inquiète le PDG d'Atos Thierry Breton, qui milite pour un refinancement commun des dépenses de défense en Europe, afin de ramener de la convergence dans l'endettement entre la France et l'Allemagne. « De toute façon, l'Allemagne n'a pas les infrastructures militaires pour y dépenser 2 % de son PIB » , parie-t-il. A l'inverse, la France a désespérément besoin d'argent, ne serait-ce que pour renouveler sa force de dissuasion nucléaire qui bénéficie à toute l'Europe. »

Berlin a l'argent, la France les savoir-faire, la base industrielle et les capacités militaires européennes doivent être renforcées. Dans ce contexte, le gouvernement d'Emmanuel Macron pousse pour une relance de programmes franco-allemands d'armement. Or jamais l'Allemagne ne renforcera son budget sans vouloir muscler sa propre industrie de défense.

Dans le terrestre, une alliance s'est nouée autour des chars de KNDS qui tarde pour l'heure à porter ses fruits. Dans le maritime, la concurrence est totale entre l'Allemagne et la France qui soutient Naval Group, lequel souhaite se rapprocher des Italiens de Fincantieri. Reste le nerf de la guerre : l'aéronautique.

Avion de combat commun ?

En juillet, lors du sommet franco-allemand, les gouvernements se sont donné six mois pour produire une feuille de route , afin d'aller vers un avion de combat commun. Les industriels français sont méfiants, à l'idée de donner à Berlin les clés d'un de leurs rares avantages compétitifs. Berlin a remporté une première manche sur le projet de drone du futur, en imposant ses critères, à savoir un engin à deux moteurs quitte à faire grimper ses coûts. Le président Macron a accepté. En échange de quoi ?

Personne ne le sait, mais chacun espère que c'est en faveur d'un futur avion de combat franco-allemand qui laissera à Dassault un rôle important. Car l'Allemagne a besoin de remplacer ses chasseurs Tornado dix ans avant la fin de vie des Rafale. L'alternative ?

Soit elle achète des F-35 américains comme la Grande-Bretagne ou l'Italie, « et la messe est dite, c'est la fin de l'Europe de la défense » , explique la communauté française de défense. Soit les deux alliés trouvent un accord autour du Rafale... avec un retour industriel pour l'Allemagne en échange de son investissement. Ce qui impliquera de rapprocher Dassault et Airbus, afin de sauver une aéronautique militaire européenne. Pour l'heure, l'industrie française (Thales, Dassault, MBDA, Safran) n'est pas prête à la germanisation

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Les maths, un jeu d'esprit addictif

Stefano Lupieri 

Si, pour nombre d’entre nous, les maths sont restées synonymes de traumatisme scolaire, certains les pratiquent pour le plaisir. Ils y voient même une sorte d’école de la vie. Et si on donnait à cette discipline, quintessence de l’abstraction, une deuxième chance ?

« Faire des mathématiques, c'est comme entamer un voyage à la découverte de territoires nouveaux guidé par son intuition. On évolue dans un monde idéal, sans contraintes, une sorte de caverne de Platon où les seules limites sont celles de la pensée humaine. » Lorsqu'il commence à parler de maths, Marwan Lahoud se laisse vite emporter par son enthousiasme. En charge il y a encore quelques mois de la stratégie internationale d'Airbus, il ne s'exerce pourtant à la discipline qu'en amateur éclairé. Comme d'autres s'adonnent au jogging ou la méditation. Un « loisir » qu'il a commencé à pratiquer dès son plus jeune âge, lorsque son père l'invitait à résoudre des problèmes de « robinets qui coulent ». Ceux-là mêmes qui ont traumatisé des cohortes d'écoliers... Aujourd'hui, Marwan Lahoud « travaille » sur des sujets ardus d'arithmétique géométrique coaché par un prof. « Je m'y plonge dès que j'ai un moment, que je sois dans ma voiture ou dans mon lit », précise ce polytechnicien élu en 2014 président de l'Institut des hautes études scientifiques (IHES).

Un penchant qu'il partage notamment avec Thierry Breton, le PDG d'Atos. L'ancien ministre de l'Économie avoue avoir toujours avec lui un bouquin de maths, en particulier lorsqu'il prend l'avion, ce qui lui arrive souvent. Pendant que d'autres regardent un film pour passer le temps, lui s'attaque à résoudre des équations, généralement en lien avec la physique quantique. « C'est pour moi un vrai support d'évasion. Lorsqu'on s'absorbe dans un problème, on perd la relation au temps et au monde extérieur », précise ce grand patron. Atos, il n'y a pas de hasard, vient d'ailleurs de lancer un simulateur d'ordinateur quantique, la Quantum Learning Machine.

Retrouvez la suite dans Les Echos Week-End du 15 septembre 2017