PDG du groupe informatique Atos après avoir dirigé Thomson et France Télécom, Thierry Breton a été ministre de l’économie et des finances de 2005 à 2007, lors des deux dernières années du second mandat présidentiel de Jacques Chirac. Il réagit à sa mort :

«Le plus important à mon sens, c’est la relation intime qu’il a eu avec les Français qui le ressentaient bien, quelles que soient leurs opinions. Un lien affectif et quasi-personnel, qui n’était pas quelque chose de feint mais correspondait à sa nature profonde. C’est important pour comprendre la manière dont il a essayé de concilier la gestion des affaires au sommet de l’Etat et le souci qu’il avait de ses compatriotes dans leur vie la plus quotidienne. Chirac a hérité d’une situation dégradée après les années Mitterrand qui ont fortement affaiblies économiquement la France. Son souci aura été restaurer ses grands équilibres mais en douceur, ce que certains lui ont reproché en le taxant d’immobilisme. C’est sous ses mandats que le chômage a été ramené de plus de 11% en 1995 à 7% douze ans plus tard, que la France a réussi à ramener son endettement dans les clous des critères de Maastricht.

Il avait le souci que la France tienne ses engagements et son rang et il y est globalement parvenu. C’était tout sauf un dogmatique, ni dirigiste, ni libéral pur et dur et je crois que son côté rad-soc avait quelque chose de vrai dans la mesure où il cherchait à faire bouger la France et à la remettre sur de bons rails, mais sans trop la heurter. C’était un réformiste mais avec le souci que ses réformes soient acceptables et acceptées. Il a aussi été parmi les premiers à porter dans les enceintes internationales la question climatique à laquelle il a été sensibilisé en raison de la passion qu’il avait pour l’Afrique. Il faut voir comment il s’est battu pour imposer la taxe de solidarité sur les billets d’avion pour aider les pays en développement. Il était à sa manière un adepte du en même temps, à la fois un Français profondément enraciné dans ses terroirs avec une conscience aigu de l’évolution du monde.»

 

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