Longtemps, lorsque l’on mentionnait dans une même phrase une entreprise française et une société allemande, c’était pour mieux comparer voire opposer la « French touch » d’un côté et la « Deutsche Qualität » de l’autre, mais rarement pour saluer l’excellence de leur coopération.

EADS, à travers sa filiale aéronautique Airbus, faisait alors office d’exception.  Les choses ont probablement évolué depuis la tenue à Paris, à la fin du mois d’octobre dernier, de la Conférence Numérique franco-allemande, à laquelle Atos et Siemens participaient. À cette occasion, j’ai pu présenter au Président de la République François Hollande et à la Chancelière allemande Angela Merkel, ainsi qu’au Président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker – conjointement avec Christophe de Maistre, PDG de Siemens France – les dernières solutions numériques d’Atos pour l’Internet des objets, les usines intelligentes (ce que l’on appelle «l’Industrie 4.0 ») ou encore la cybersécurité. Le téléphone Hoox, l’un des smartphones les plus sécurisés au monde, aura ainsi retenu toute l’attention de mes interlocuteurs, non sans quelques sous-entendus amicaux.

Le plus grand partenariat franco-allemand depuis Airbus

Cette présentation d’une vingtaine de minutes à l’Élysée est l’illustration du travail mené depuis 2011 entre Atos et Siemens, mais en aucun cas, un point d’orgue. Notre alliance stratégique – qui avait débuté il y a 4 ans avec l’acquisition par Atos des activités informatiques de Siemens et l’intégration de près de 30 000 ingénieurs – vient en effet tout récemment d’être renforcée, avec un contrat informatique mondial étendu à plus de 8 milliards d’euros d’ici fin 2021 et l’amplification de notre programme conjoint de R&D dans le domaine de la transformation numérique.

Le statut de Société européenne

Ce partenariat renforce le caractère européen d’Atos qui n’en demeure pas moins une entreprise mondiale, comptant près de 100 000 collaborateurs sur les cinq continents. L’Europe fait partie de l’ADN du groupe, et cela s’inscrit jusque dans ses statuts puisqu’Atos est depuis 2012 une Société européenne (societas europaea), exerçant ses activités dans les États membres de l’UE sous une forme juridique unique  et commune. Ce statut – dont j’avais du reste initié la transcription en droit français en 2005, en tant que Ministre de l’Économie et des Finances – se traduit également par le fait qu’Atos possède deux sièges sociaux : l’un en France, à Bezons en région parisienne, et l’autre en Allemagne, à Munich. C’est d’ailleurs notre siège munichois que le Premier ministre Manuel Valls est venu visiter au printemps dernier, saluant au passage l’audace des entreprises françaises outre-Rhin.

La Bavière, une terre propice à l’innovation franco-allemande 

Il est vrai que la Bavière est une terre traditionnellement propice à l’innovation franco-allemande, comme en témoigne l’héritage du Comte Maximilian von Montgelas. Ce haut fonctionnaire bavarois, d’origine savoisienne par son père, s’était illustré à la fin du XVIIIème siècle pour avoir modernisé l’appareil d’État en favorisant, dans le prolongement des Lumières, les échanges d’idées, de capitaux et de personnes entre la France et la Bavière.

Un Espace de confiance des données

Aujourd’hui, en plus de ces trois facteurs, nous pourrions ajouter « les données numériques ». Ainsi, deux ans après avoir appelé de mes vœux un Espace de confiance des données permettant une libre circulation totale des data au sein de l’Union européenne, la CNIL allemande vient-elle d’imposer aux géants du net de stocker en Europe les données personnelles des utilisateurs de l’UE.  Le numérique, avec les données en tête de pont, est en train de devenir le rouage essentiel du moteur franco-allemand.