Le patron Thierry Breton applique les leçons du professeur Thierry Breton. Pour celui qui fut enseignant en gouvernance à l’université d’Harvard avant de prendre la tête du groupe informatique français Atos, impliquer les actionnaires dans la stratégie d’une entreprise va de soi. Ces derniers le lui rendent bien en approuvant en assemblée générale (AG), mardi 30 avril, à près de 99 % des voix exprimées le plan à trois ans présenté en janvier dernier.

En complétant son objet social, le groupe informatique français éloigne le risque d’abus de bien social qui pouvait l’empêcher de répondre à certaines sollicitations, par exemple dans la recherche.

Le patron Thierry Breton applique les leçons du professeur Thierry Breton. Pour celui qui fut enseignant en gouvernance à l’université d’Harvard avant de prendre la tête du groupe informatique français Atos, impliquer les actionnaires dans la stratégie d’une entreprise va de soi. Ces derniers le lui rendent bien en approuvant en assemblée générale (AG), mardi 30 avril, à près de 99 % des voix exprimées le plan à trois ans présenté en janvier dernier.

Ce plan prévoit  qu’Atos se désengage de sa filiale de service de paiement Worldline et devienne minoritaire au capital pour se concentrer sur d’autres marchés en pleine forme, les données et la sécurité informatique. Mais les actionnaires d’Atos se sont aussi prononcés sur une question fondamentale pour l’entreprise et l’ensemble de ses interlocuteurs : quelle est sa « raison d’être » ?

Façonner l’espace informationnel

Quasiment d’une seule voix, les investisseurs ont adopté  la proposition du conseil d’administration.  « Notre mission est de contribuer à façonner l’espace informationnel. Avec nos compétences et nos services, nous supportons le développement de la connaissance, de l’éducation et de la recherche dans une approche pluriculturelle et contribuons au développement de l’excellence scientifique et technologique. Partout dans le monde, nous permettons à nos clients et à nos collaborateurs, et plus généralement au plus grand nombre, de vivre, travailler et progresser durablement et en toute confiance dans l’espace informationnel », indiqueront maintenant les statuts de l’entreprise.

En complétant ainsi son objet social, comme l’encourage la récente loi Pacte, Atos s’autorise à intervenir sur des sujets plus larges que ses seules affaires commerciales et éloigne le risque d’abus de bien social qui pouvait l’empêcher de répondre à certaines sollicitations. « Notre raison d’être nous permettra de jouer notre rôle dans le monde de la recherche académique », détaille aux « Echos » Thierry Breton, dont la rémunération a été approuvée à 91,5% en AG. Atos s’estime également désormais dans son droit de mettre à disposition ses compétences en analyse de données et en modélisation 3D pour la rénovation de la cathédrale Notre-Dame de Paris après  l’incendie qui a ravagé sa toiture mi-avril.Théoriquement, des actionnaires auraient pu jusqu’ici contester une dépense éloignée des intérêts premiers de l’entreprise.

« Succès » du partenariat avec Google

« Nous continuerons naturellement de diriger l’entreprise au service des clients, pour créer de la valeur pour toutes ses parties-prenantes, tout en approfondissant la recherche de sens demandée par les collaborateurs », précise le dirigeant, ancien ministre de l’Economie. Atos continuera donc à développer des partenariats pour progresser dans l’intelligence artificielle  comme celui amorcé avec Google il y a un an – « un succès et plus d’un milliard d’euros d’opportunités commerciales », indique Thierry Breton sans encore donner de noms de clients.

Les arrivées au conseil d’administration de Vivek Badrinath (expert des nouvelles technologies et cadre chez Vodafone) et du général Jean-Louis Georgelin (fin connaisseur des questions de souveraineté) vont dans ce sens.

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