L’informatique est l’un des domaines le plus consommateur d’énergie. Ce besoin doit être maîtrisé, et l’informatique doit aussi permettre de réduire l’empreinte carbone.

Aujourd’hui, la technologie est incontournable dans nos vies : il y a ainsi désormais plus de téléphones portables que d’humains sur la planète ! Mais, bien souvent, nous conservons un rapport quasiment magique à ce progrès technique, ignorant la façon dont il fonctionne et les flux de données qu’il génère. Or nos téléphones, mais aussi nos montres, nos téléviseurs, nos voitures ou encore nos usines, sont de plus en plus connectés, et ce en permanence. Ils génèrent ainsi des informations en continu et participent à ce qu’on appelle le « déluge des données » : songez que nous produisons désormais, en une année, autant de données qu’il y a d’étoiles dans les 2.000 milliards de galaxies de l’univers ! Et cette explosion a une conséquence à laquelle on pense encore trop rarement : une consommation d’énergie toujours plus élevée.

L’informatique, principal poste de consommation d’électricité dans le monde

Faites ainsi le test autour de vous : demandez quel domaine contribuera le plus en 2025 à notre consommation d’énergie au niveau mondial. On vous répondra sans doute l’industrie ou le transport aérien. Or la réponse, c’est l’informatique ! Elle représente aujourd’hui 10 % de notre consommation énergétique. D’ici à 2025, ce seront 20 % de notre électricité qui alimenteront les data centers nécessaires à notre quotidien numérique. Face à ce constat, que pouvons-nous faire ?

Première réponse : innover pour rendre la technologie moins gourmande

C’est vrai pour nos téléphones et appareils ménagers, mais aussi pour les centres de données et les ordinateurs qui leur permettent de fonctionner. Chez Atos, nous travaillons ainsi constamment à l’amélioration de la performance économique de nos machines, et en particulier de nos supercalculateurs, ces « super ordinateurs » utilisés notamment par les scientifiques et les chercheurs pour simuler l’évolution du climat ou décrypter le génome. Début juin, nous avons, par exemple, dévoilé un supercalculateur ultrapuissant mis au service du CEA : baptisé Joliot-Curie, il est cinq fois plus puissant que son prédécesseur, tout en divisant par deux sa consommation d’énergie ! Car en matière de consommation énergétique, les entreprises européennes sont en pointe face à leurs rivales américaines ou chinoises. Atos loge ainsi 15 supercalculateurs dans les 100 premières places du Green 500, le classement des machines les plus écoresponsables au monde. Plus généralement, nous avons
décidé chez Atos de devenir l´une des premières entreprises de notre secteur totalement neutre en carbone, c’est-à-dire d’effacer toutes les émissions de CO2 générées par nos activités, informatiques ou autres. Nous nous sommes aussi engagés, dans le cadre de notre nouveau plan stratégique, à réduire l´intensité de nos émissions (c’est-à-dire notre CO2 par unité de chiffre d´affaires) de 20 % d´ici à 2021. Nous devons faire de cette exigence environnementale plus forte au niveau européen un atout dans la compétition mondiale qui s’opère.

Deuxième réponse : utiliser la technologie pour encourager les comportements individuels écoresponsables

Au sein d’Atos, nous sommes, par exemple, de fervents partisans du télétravail et des réunions à distance. Si la présence physique est parfois indispensable, l’ère du « tout le monde au bureau tous les jours » est révolue. C’est pour moi une conviction de longue date, ayant rédigé pour le gouvernement français un rapport sur le télétravail dès 1993. Et dans les années 2000, nous avons été les pionniers du zéro e-mail pour lutter à la fois contre « l’infobésité » et le gaspillage énergétique – car les e-mails, on l’oublie souvent, consomment une électricité très significative. Aujourd’hui, nous développons de nouvelles applications Atos Green pour l’ensemble de nos collaborateurs et nos clients, afin de leur permettre d´expérimenter et de mesurer l’importance de leurs comportements sur notre empreinte environnementale, et leur contribution à nos objectifs environnementaux.

Troisième réponse : responsabiliser les entreprises dans leur ensemble

J’en ai ainsi l’intime conviction : dans les rapports annuels de demain, le bilan carbone sera l’indispensable complément du bilan financier. Et pour Atos, comme j’ai pu l’indiquer, ce bilan carbone s’est déjà établi à zéro en 2018. Dans ce domaine, nous croyons à des entreprises engagées et responsabilisées par les pouvoirs publics, mais aussi par leurs salariés, par leurs clients, par leurs partenaires – par exemple l´écosystème des start-up que nous fédérons chez Atos sur ce sujet – et, bien sûr, par
leurs actionnaires. C’est pour cette raison que nous avons été la première grande entreprise à faire voter à nos actionnaires notre raison d’être qui définit notre responsabilité à l’égard de la société et des communautés dans lesquelles nous opérons. Il s’agit pour nous de « contribuer à façonner l’espace informationnel » de manière écoresponsable. Car l’heure est aujourd’hui à l’action : face au changement climatique, c’est maintenant que les entreprises technologiques, comme les citoyens et les pouvoirs publics, peuvent et doivent s’emparer du sujet de leur impact environnemental et de leur consommation d’énergie.