Au lendemain de la COP22, qui a vu l’adoption d’un programme de travail afin de parvenir à appliquer l’accord de Paris sur le climat, plusieurs Etats, dont la France, se sont engagés dans la coalition « 2050 Pathways » pour atteindre le « zero net emission » d’ici 2050. Plus de 200 entreprises, parmi lesquelles Atos, ont également décidé de s’aligner sur la trajectoire « deux degrés » en adhérant à l’initiative Science Based Targets. Quel que soit leur plan stratégique, une chose est certaine : pays, villes et entreprises s’appuieront sur les données et le numérique pour tenter de contenir le réchauffement climatique.

Les données, une source inégalée de connaissances sur la Terre

En 2020, nous générerons le seuil historique de 40 Zettaoctets, 40 mille milliards de milliards de données dans le monde, soit plus que le nombre de grains de sable sur la planète… Ce gisement, porté par l’explosion de l’Internet des Objets (25 milliards d’Objets Connectés en 2020), constitue une source inégalée de connaissances. Mis à la portée de tous sur le modèle de l’innovation ouverte, il nous aidera à identifier et mesurer les impacts du changement climatique : fonte des glaces, modification de la biodiversité, flux migratoires, pollution… Le projet SparkIndata, qui réunit un consortium dont Atos est le chef de file, consolide ainsi des informations issues d’observation de la Terre avec les données géographiques, océanographiques et scientifiques pour les mettre à disposition de multiples acteurs, permettant d’offrir de nouveaux services et de créer de nouveaux usages.

Vers des modèles économiques plus sobres et plus performants

Le numérique est également un des ressorts de l’économie circulaire. Les informations produites par les appareils connectés sont une source d’innovations frugales et favorisent l’utilisation efficace des matières premières. La traçabilité des ressources (localisation, état et disponibilité des produits et matériaux) et l’extension de leur durée de vie, impliquent de s’appuyer sur un réseau d’objets communicants fournissant la visibilité requise pour adapter les usages et contrôler les flux.

L’économie du partage est aussi un des piliers des solutions environnementales. Elle implique l’existence des plateformes collaboratives pour partager un bien ou un service (ex : Blablacar ou Airbnb), limitant ainsi la pression sur les ressources et les externalités négatives liées à leur production. L’accès «on demand» à des plateformes transactionnelles basées sur des technologies cloud souples, solides et sécurisées est à ce titre fondamental.

Le Blockchain figure parmi les technologies d’avenir à considérer. Reposant sur une infrastructure distribuée, sécurisée et décentralisée, le Blockchain accélère déjà la transition énergétique. Combiné aux micro-grids permettant de constituer des communautés énergétiques autonomes, il facilite l’instauration de marchés locaux « peer-to-peer » nécessaires au développement des énergies renouvelables.

De l’agriculture aux transports, tous les secteurs bénéficient du numérique

En 2050, la population mondiale avoisinera les 10 milliards d’habitants. Dans un contexte de raréfaction des ressources, la sécurité alimentaire va devenir un enjeu majeur. Pour augmenter de 70% la production mondiale, il faudra compter avec l’agriculture connectée plus économe en eau, en intrants et moins émettrices de CO2. Le capital d’information (météo, humidité de la terre, richesse minérale, maturité des plants …) transmis par des technologies embarquées et mobiles (capteurs, drones) transformeront les métiers de la chaîne agro-alimentaire.

La mobilité intelligente constitue un levier crucial pour accompagner les enjeux climatiques liés aux transports, qui produisent 25% des émissions mondiales de CO2. Les environnements de travail connectés, les véhicules électriques et les voitures autonomes figurent parmi les solutions technologiques à faible intensité carbone. Ces dernières permettraient de réduire de plus de 60% les émissions de CO2. Il est donc nécessaire d’encourager cette industrie d’avenir.

Enfin, les technologies numériques permettent la transparence nécessaire à la confiance et à la réalisation des engagements climatiques. La fiabilité du marché du carbone, la traçabilité des performances nationales ou le suivi des objectifs de réduction des GES s’appuient nécessairement sur des infrastructures et des solutions numériques robustes et hautement sécurisées.

La transformation numérique pourra-t-elle sauver le monde ?

L’économie de la donnée démontre déjà ses capacités à adresser des enjeux mondiaux et à réinventer les business models mais aussi les pratiques dans la vie quotidienne comme au sein de l’entreprise. C’est l’une des raisons pour lesquelles j’avais lancé, en 2011, le plan Zero Email pour lutter contre ce que j’avais nommé la « pollution informationnelle ». Moins de mails envoyés, c’est aussi, indirectement, moins d’énergie dépensée dans les Data Centers pour les stocker et les traiter. C’est un exemple parmi d’autres, issu du programme « Ambition Zéro carbone » d’Atos. À défaut de pouvoir sauver le monde à lui seul, le numérique fera partie du dispositif innovant à imaginer pour ralentir et s’adapter aux effets des bouleversements climatiques observés.